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chatte belle L’épistémologie désigne l'étude de la connaissance.
Communément c'est la réflexion sur la répartition des sciences en disciplines; mais c'est aussi la réflexion sur ce qu'est le savoir, sur les moyens d'y accéder, et l'examen de l'histoire des sciences.
Sommaire
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1 Origine
2 Utilisations
3 Questions épistémologiques fondamentales
3.1 Le problème du protocole d'observation
3.2 Épistémologie générale : Théories de la validation
3.2.1 Gaston Bachelard et l'« obstacle épistémologique »
3.2.2 L'inductivisme
3.2.3 Falsificationnisme ou Réfutabilité
3.2.4 Imre Lakatos
3.2.5 Thomas Kuhn
3.2.6 Paul Feyerabend
3.2.7 Lois de la nature
3.3 Épistémologie interne : Théories de l'explication
3.3.1 L'explication scientifique
3.3.2 Unité des sciences
3.4 L’épistémologie est aussi l’histoire des sciences
3.4.1 La vision internaliste
3.4.2 La vision externaliste
4 Philosophes et l'épistémologie
4.1 Philosophes grecs
4.2 Kant
4.3 Hegel
4.4 Nietzsche
4.5 Russell
5 Courants épistémologiques
5.1 Positivisme
5.2 Réalisme
5.3 Constructivisme
6 Notes et références
7 Voir aussi
7.1 Liens internes
7.2 Liens externes
7.3 Bibliographie
Origine [modifier]
Le mot vient du grec épistémê («connaissance », «science ») et logos (« discours »). Donc l'épistémologie est littéralement un discours sur la connaissance.
Le terme d'origine anglaise est attesté la première fois en 1856, et apparaît en 1906 dans un dictionnaire français comme « critique des sciences » ; c’est-à-dire en tant que discipline de remise en question de la connaissance et des méthodologies scientifiques.
Utilisations [modifier]
Le terme épistémologie est employé couramment dans trois acceptions :
Pour la première, c'est une réflexion sur la science : une partie de la philosophie qui s'intéresse au discours rationnel sur la connaissance scientifique. La philosophie des sciences étudie ainsi la connaissance scientifique d'un point de vue critique. L'épistémologie peut s'intéresser à établir une classification des sciences, à définir des catégories. C'était la première étape des sciences dans la classification et la taxonomie, la deuxième étape étant l'explication et la troisième dans la prédiction à partir des modèles, issus des théories explicatives, et leur simulation.
La seconde acception est celle de l'étude des épistémès comme époques de production de discours positifs par des disciplines appelées ou non « sciences ».
La troisième acception, issue de l'emploi du terme « epistemology » dans le monde anglo-saxon, est celle de la théorie de la connaissance. Qu'est-ce que le savoir ? Comment prend-il forme ? Pourquoi telle forme de savoir plutôt qu'une autre ? Quelles sont les limites du savoir ? Comment faire pour savoir ? Sont des exemples des questions que se posent les théoriciens de la connaissance.
Ceci étant dit, certaines acceptions peuvent paraître restrictives. C'est le cas de celle issue du monde anglo-saxon comme théorie de la connaissance, dans la mesure où un discours sur la connaissance pourrait se référer à la fois à une philosophie de la connaissance, à une philosophie du langage, puisqu'il n'y a pas de connaissance sans langage, à une philosophie de l'action, puisqu'il n'y pas de langage en dehors d'une action, à la méthodologie etc. Le terme de théorie est de plus en lui même restrictif et fait penser directement à la science. C'est le cas également de la réduction du terme épistémè à science : voir en cela les développements de Foucault qui rapproche épistémè de paradigme.
Voici le résumé d'un article d'un épistémologue contemporain, Gilles Gaston Granger :
« L'évolution de la prise de conscience de la nature profonde de la pensée scientifique pourrait être symbolisée, très schématiquement, par trois devises, dont chacune réinterprète d'une certaine manière et rectifie la précédente. On a d'abord proclamé qu'il n'y avait de science que l'universel; puis, qu'il n'y avait de science que le mesurable. Nous devrions dire aujourd'hui: il n'y a de science que le structurable. Profession de foi qui ne récuse nullement les deux précédentes, mais les relativise, et donne un sens nouveau à l'universel et au mesurable. C'est de cette manière qu'il conviendrait, me semble-t-il, de reconnaître le rôle et la place des modèles qualitatifs dans la pensée scientifique. »[1]
À sa manière, François Rabelais réfléchissait sur la connaissance tel un épistémologue dans le « gai savoir » sur le versant scientifique et sur le versant philosophique avec la science alliée à la conscience.
«[...] Ignorance est mère de tous les vices. » (1546).
«[...] Science sans conscience n'est que ruine de l'âme. » (1532)
Questions épistémologiques fondamentales [modifier]
Le problème du protocole d'observation [modifier]
Au début du XXe siècle, certains philosophes, dans une perspective fondationaliste, se sont posé la question de savoir s'il était possible d'isoler des faits d'observation, bases de la généralisation et de la connaissance. On peut distinguer schématiquement deux points de vue :
un point de vue atomiste pour lequel des faits peuvent être isolés ; cette thèse est notamment celle du positivisme logique (cf. Carnap) qui, en séparant les vérités analytiques et synthétiques, admet que des faits relatifs à un sujet doivent permettre de fonder la connaissance scientifique ; une théorie est alors une construction logique, dont la matière est la connaissance privée ;
un point de vue holiste, pour lequel aucun fait n'est séparable d'une théorie (cf. Willard van Orman Quine par exemple). Il n'y a donc pas de protocole d'observation décisif ; c'est la vérité cohérente qui est déterminante. Dans ce cas, il n'y a pas non plus une limite précise entre la théorie et l'expérience, ce qui invalide l'idée que des hypothèses seules soient falsifiables. La conséquence la plus extrême de cette thèse est que l'on ne peut tout simplement pas réfuter une théorie car la falsifiabilité de l'hypothèse n'atteint pas la théorie dans son ensemble et dans la mesure où des hypothèses ad hoc sont toujours possibles (comment prouver qu'un cygne est blanc ?).
Épistémologie générale : Théories de la validation [modifier]
Gaston Bachelard et l'« obstacle épistémologique » [modifier]
Dans son livre « La formation de l'esprit scientifique » (1934), Gaston Bachelard définit l'obstacle épistémologique comme étant les lenteurs et les troubles « dans l'acte même de connaître »[2], nécessitant « la rectification du savoir, l'élargissement des cadres de la connaissance »ééé[réf. nécessaire]. Pour lui, le scientifique doit se dépouiller de tout ce qui constitue les « obstacles épistémologiques internes », en se soumettant à une préparation intérieure afin que sa recherche progresse vers la vérité. À ce titre, il prête une grande importance à la psychanalyse, non pas à titre thérapeutique, mais en ce qu'elle permettrait de mieux écarter certaines croyances naïves qui ne seraient que la projection de nos désirs et pulsions. Ce qu'il appelle la « psychanalyse de la connaissance » permettrait la libération pour l'homme de ce qui fait obstacle à la recherche scientifique, et marquer alors dans sa recherche des progrès décisifs.
La notion d'obstacle épistémologique est ce qui permet de poser le problème de la connaissance scientifique : c'est à partir du moment où celui-ci est surmonté, donnant lieu à une « rupture épistémologique », que l'on atteint le but recherché. Les obstacles sont, pour Bachelard, non seulement inévitables, mais aussi indispensables pour connaître la vérité. Celle-ci en effet n'apparaît jamais par une illumination subite, mais au contraire, après de longs tâtonnements, « une longue histoire d'erreurs et d'errances surmontées ».