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On doit également signaler le courant conventionnaliste.
L'échec du projet fondationnaliste : ce projet visait à établir des critères clairs permettant de s'assurer de la vérité d'une proposition, et en particulier d'une loi causale ou statistique : « on peut dire qu'en ce qui concerne les sciences empiriques tout au moins, le projet fondationnaliste a échoué : il n'a pas réussi à montrer comment pouvait être fondée la relation, d'abord entre expérience immédiate et énoncé d'observation, ensuite entre terme observationnel et terme théorique, enfin entre énoncé singulier et énoncé universel ou probabiliste. » (Nadeau 1999, p. 272). Cet échec, qui est en particulier celui des tentatives visant à résoudre le problème de l'induction, ruine l'espoir de faire tenir la notion de « science » dans la définition de sa méthode.
Le falsificationnisme : Chalmers expose les limites de la solution apportée par Popper au problème de la démarcation entre science et non science, qui est bien loin d'avoir l'universalité qui lui est généralement accordée[24]. Chalmers prend soin de préciser qu'il n'est pas vrai que « tout point de vue soit aussi bon qu'un autre », dénonçant ainsi le relativisme. Mais il n'en fait pas moins ce constat : il n'existe pas de critères de scientificité universellement valables.
Il faut aussi évoquer le débat entre réalisme et anti-réalisme.
Où l'on peut reparler des réflexions de certains savants qui, comme Weinberg, adhère sans réserve au réalisme métaphysique.
Il s'agit bien sûr de cette forme de réalisme métaphysique naïf pointé par Althusser[25].
Les travaux de Kuhn vont marquer une rupture fondamentale en philosophie, en histoire et en sociologie des sciences. Il va historiciser la science, et rejeter une conception « momifiée » de la science (Hacking cité dans Soler p. 965), ainsi que plus généralement le cadre de pensée que partageaient, malgré toutes leur différences, les héritiers de Popper et de Carnap.
Les difficultés à cerner la science peuvent déboucher sur certaines formes de relativisme, dont le fameux anarchisme épistémologique : Devant les difficultés soulevées par le problème de la démarcation, le relativisme apparaît comme une solution radicale : si la distinction entre le scientifique et le non scientifique est si difficile à saisir, c'est qu'elle n'a aucune existence en soi. Il est toujours loisible de tracer des frontières entre science et non science, mais elles restent toujours contingentes, relative à une époque et un lieu particulier. Il n'y a pas vraiment de « corpus » (d'où le point d'interrogation du titre de ce paragraphe).
Une entité concrète, humaine et sociale [modifier]
Au cours du XX, la sociologie a commencé à saisir la science sous l'angle institutionnel. Dans les années 1960 et 1970, une grande part de ces études s'inscrivait dans le courant structuraliste, duquel il s'est détaché au cours des années 1980 et 1990.
Depuis le début des années 1980, les sciences sociales cherchent à dépasser l'étude de l'institution science pour aborder l'analyse du contenu scientifique.
La sociologie des sciences aborde la science comme phénomène social, comme une institution sociale.
Longtemps abandonnée aux épistémologues et aux philosophes, la science a commencé à être l'objet de l'attention des sociologues au milieu du XXe siècle, avec les travaux fondateurs de Robert K. Merton, qui décrit la science comme un système normé (normes qui peuvent être inscrites, par exemple, dans le système d'évaluation par les pairs). Avec lui, la sociologie commence donc à s'intéresser à la science, non en tant que corpus de connaissance, mais en tant que communauté sociale.
[on peut introduire ici la question des valeurs de la science à partir de ces normes]
La science est également en interaction avec la société. Ces relations entre science et société sont également l'objet de l'attention des sociologues.
Si les tentatives de définition stricte de la science par la philosophie se sont soldées par un échec largement reconnue, les approches sociologiques n'ont pas permis non plus de dégager une conception bien nette de cet objet.
Merton respecte la distinction entre contexte de découverte et contexte de justification. Laissant le second à l'épistémologie, il ne porte son regard au premier, pour analyser les normes guidant les pratiques des scientifiques.
Il cherche à analyser les structures sociales de la sciences
Puis vint le temps de l'ouverture de la boîte noire.
À la suite des travaux de Kuhn, les sociologues dénoncèrent cette distinction, et firent porter leurs investigation sur le processus de production des connaissances lui-même.
Dans les années 1980 s'est développé un courant de la sociologie des sciences critiquant l'idée que les fait scientifiques avaient une existence en soi. On évoquera en particulier le constructivisme social.
On retrouve aussi le relativisme.
La science apparaît alors comme une idéologie, qui justifie sa position dominante par des appels rhétorique aux catégories de la Vérité ou de la Réalité.
Différentes tentatives d'élucidation de la nature de la science ont été faites. Mais si aucune n'a débouché sur définition de critères universellement valable, mais toutes ont enrichi notre compréhension de la science.
Un ensemble complexe de pratiques hétérogènes [modifier]
Au cours des années 1990, l'approche a encore évolué pour souligner les diversité, la pluralité des sciences.
Les sciences studies sont un courant récent regroupant des études interdisciplinaires des sciences, au croisement de la sociologie, de l'anthropologie, de la philosophie ou de l'économie.
On assiste au début du XXIe à une certaine convergence des traditions. Les positions des sociologues et philosophes ont longtemps été opposées. Cette opposition commence cependant à s'estomper.
On s'oriente vers une épistémologie sociale. Mais Léna Soler (Dans le Wagner, Les philosophes et la science pp. 976-977 et ), écrit qu'au contraire on assiste au retour d'une épistémologie a-historique, en particulier le courant cognitiviste.
Au bout du compte, il y a plusieurs manières de comprendre la science - historique[26], philosophique, sociologique, économique, anthropologique, psychologique - qui entretiennent entre elles différentes sortes de rapport et se sont souvent ignorés, et qui commencent aujourd'hui à converger.
Aujourd'hui, quand bien même de nombreux auteurs continuent à défendre l'idée d'une unité sous-jacente de la science, plus personne ne nie cette pluralité et son importance.
Dans l'ordre : Mach, Poincaré, Duhem, Bachelard, Merton, Popper, Quine, Lakatos, Kuhn, Collins & Bloor, Latour & Callon. Et puis il y a aussi le débat internalisme/externalisme en histoire des sciences. Trois étape : 1) Une science ordonnées , 2) ouvrir le noyau dur , 3) Pluralité et hétérogénéité.
Une science plurielle [modifier]
La science peut se manifester de mille façons. Et cette pluralité elle-même est plurielle : il existe plusieurs manières de différencier les sciences. La science, comme l'ont rappelés les paragraphes précédents, peut-être conçue comme un corpus de connaissances et de méthodes, mais aussi comme une institution, ou encore une idéologie. C'est donc à travers le prisme de cette pluralité que peuvent être abordées ces questions, en particulier celle de la méthode. Pour autant, cette incontournable pluralité n'est pas nécessairement irréductible, et nombre d'auteurs continuent d'affirmer l'unité soujacente des science. Il y aurait encore un sens à parler de la science.
Différentes catégories de science [modifier]
Léna Soler, dans son manuel d'introduction à l'épistémologie, distingue d'une part les sciences formelles des sciences empiriques, d'autre part les sciences de la natures des sciences humaines et sociale[27]. Robert Nadeau explique de son côté qu'« on reconnaît généralement qu'on peut classer [les sciences] selon leur objet [...], selon leur méthode [...], et selon leur but »[28]. Selon leur but, on peut distinguer les sciences appliquées et les sciences fondamentales. Les différences de méthodes renvoient à la distinction entre sciences nomothétiques et sciences idiographiques, mais également entre sciences expérimentales, sciences d'observation et sciences spéculatives. Enfin, la distinction entre sciences empiriques (qui regroupe sciences naturelles, sciences sociales et sciences humaines) et sciences logico-formelles repose sur le classement selon l'objet.
Il ne faut pas se laisser abuser par ces grandes catégorisations, qui peinent à rendre compte de réalités plus complexes. Une même science peut ainsi être pour partie expérimentale, pour partie observationnelle. Il faut également prendre garde de ne pas tomber dans l'excès inverse qui consisterait, face à la complexité du réel, à nier qu'il puisse y avoir de profondes différences entre les différentes formes de recherche scientifique.
Selon leurs buts [modifier]
Les sciences appliquées (qu'il ne faut pas confondre avec la technique en tant qu'application de connaissances empiriques) produisent des connaissances en sorte d'agir sur le monde, c'est à dire dans la perspective d'un objectif pratique, tandis que les sciences fondamentales visent prioritairement l'acquisition de connaissances nouvelles. On ne peut cependant classer a priori une discipline particulière dans un domaine ou dans un autre. Les mathématiques, la physique ou la biologie peuvent ainsi aussi bien être fondamentales qu'appliquées, selon le contexte. Certaines disciplines restent cependant plus ancrées dans un domaine que dans un autre. La cosmologie est par exemple une science exclusivement fondamentale. L'astronomie est également une discipline qui relève dans une grande mesure de la science fondamentale. La médecine, la pédagogie ou l'ingénierie sont au contraire des sciences essentiellement appliquées (mais pas exclusivement).
Sciences appliquées et sciences fondamentales ne sont pas cloisonnées. Les découvertes issues de la science fondamentale trouvent des fins utiles (ex : le laser et son application au son numérique sur CD). De même, certains problèmes techniques mènent parfois à de nouvelles découvertes en science fondamentale. Ainsi, les laboratoires de recherche et les chercheurs peuvent faire parallèlement de la recherche appliquée et de la recherche fondamentale. Par ailleurs, la recherche en sciences fondamentales utilise les technologies issues de la science appliquée, par exemple la microscopie, les possibilités de calcul des ordinateurs...
La science fondamentale ne doit pas être identifiée à une pure activité intellectuelle et spéculative, elle exige parfois des moyens considérables.
De ce point de vue, Stokes distingue quatre types de pratiques scientifiques. A propos du quadrant vide de Stokes, l'auteur de "Pasteur's quadrant" explique qu'il aurait pu s'appeler le quadrant de Peterson, mais que cet exemple est "trop limité" (p. 75 de "Pasteur's quadrant, voir à cette adresse)
[on peut introduire ici la question de la pluralité des valeurs de la science à partir de la pluralité des systèmes normatifs (CUDOS, PLACE, ...)
On entend souvent aujourd'huiééé[réf. nécessaire] que science fondamentale et science appliquée ne pourraient plus être distinguées. Outre qu'une telle idée est déjà ancienne[29], elle est très discutableééé[réf. nécessaire]
Selon leurs méthodes [modifier]
Une première distinction de cet ordre peut être faite entre les sciences nomothétiques et les sciences idiographiques. Les premières cherchent à établir des lois générales pour des phénomènes susceptibles de se reproduire. On y retrouve bien évidemment la physique ou la biologie, mais également des sciences humaines ou sociales comme l'économie, la psychologie ou même la sociologie. Les secondes s'occupent au contraire du singulier, de l'unique, du non récurrent. Cette classe de sciences pose évidemment problème. Cependant, l'exemple de l'histoire montre qu'il n'est pas absurde de considérer que le singulier peut être justiciable d'une approche scientifique.
La chimie : science expérimentale.
Une seconde distinction peut porter sur le recours, ou non, à la démarche expérimentale. Les sciences expérimentales, comme la physique ou la biologie, reposent sur une démarche active du scientifique, qui construit et contrôle un dispositif expérimental reproduisant certains aspects des phénomènes naturels étudiés. Ces sciences emploient la méthode expérimentale. Les résultats des expériences ne sont pas toujours quantifiables (exemple : l'expérience de Konrad Lorenz avec les oies grises, en éthologie). Lorsqu'il n'est pas possible de contrôler un environnement expérimental, les scientifiques peuvent avoir recours à l'observation. Lorsqu'une discipline se forme autour de cette démarche, on parle alors de sciences d'observation. L'astronomie ou l'économie en sont des exemples classiques. Mais la frontière n'est jamais nette : il existe une économie expérimentale, et la physique des hautes énergies permet d'une certaine façon de tester expérimentalement certaines théories astronomiques. À ce diptyque expérimentation / observation, s'ajoute aujourd'hui la simulation informatique.
[Ajouter ici qqch sur la reproductibilité]
Selon leur objet [modifier]
On peut enfin distinguer les sciences empiriques et les sciences logico-formelles.
Les premières portent sur le monde empiriquement accessible, et partent de notre expérience sensible de ce monde. Elles regroupent :
les sciences de la nature, qui ont pour objet d'étude les phénomènes naturels ;
les sciences humaines, qui ont pour objet d'étude l'Homme et ses comportements individuels et collectifs, passés et présents. [ne pas oublier de présenter les discussion sur leur caractère scientifique]
De leur côté, les sciences logico-formelles (ou sciences formelles) explorent déductivement, selon des règles de formation et de démonstration, des systèmes axiomatiques. Il s'agit par exemple des mathématiques ou de la logique[30] (idem que pour sciences humaines, mais pour d'autres raisons : la question du statut de science des mathématiques est discutée, il faut le dire).
Cette typologie n'est pas unique, voir l'article Typologie épistémologique.